Jardin d'Amour!

Publié le par kloopaysages

 

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Ses pas résonnent dans le gravier ; il ouvre le portillon de bois ; le grincement des gonds lui arrache des palpitations. En ce matin d’automne, le jardinier est inquiet; il n’est pas venu depuis cinq mois. Il entre dans le jardin par la marquise de charmes; des feuilles mortes tapissent déjà l’allée, les arbres ne peuvent plus les retenir. Il emprunte le premier chemin menant à la roseraie; il respire, rien! Les fleurs sont fanées ; spectacle de désolation ; il pleure avec elles. Il continue jusqu’aux bambous, pressentant une découverte du même genre. Son cœur s’emballe, il a mal ; grillés, ils sont tous grillés ; dix ans de travail anéantis. Il se traîne au centre du jardin, vers la mare, le saule pleureur et le pont vert ; la mare est asséchée, le saule n’a plus de feuilles, le pont vert craquelle. Il s’effondre au pied du saule, évanoui...

Il se réveille ; il sent une présence à côté de lui ; il ouvre les yeux pour apercevoir une sublime créature semblant voler au dessus de la mare.

« Lèves-toi, jardinier, je suis la nymphe de ce jardin. Ce que tu vois autour de toi est le résultat de ta négligence; tu m’a abandonné pendant des mois; des paysans m’ont violée pour prendre mon eau et je meurs ! Tu croyais que je pouvais me débrouiller toute seule, mais c’est toi qui m’a créée ; c’est toi qui m’a aimée ; puis tu es parti ; un jardin ne vit pas sans amour… ». La nymphe disparut. Le jardinier se releva, alla chercher des outils et entreprit  de creuser un puits. Il travailla jours et nuits jusqu’à l’épuisement ; enfin l’eau jaillit ; rouge sang, le sang de la nymphe ; trop tard! le jardin est mort!

Moralité : l’amour d’un jardin comme celui d’une femme, s’entretient.

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Publié dans Ecritures

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