La voie du sage (2) : l’être et le non-être
Au bout d’un quart d’heure de méditation, (traduisez « sommeil, rêverie » ), mes oreilles me font parvenir un chuchotement, d’abord indéchiffrable ; je branche mon système auditif interne et j’entends : « Le monde discerne la beauté, et par là, le laid se révèle. Le monde reconnaît le bien et par là le mal se révèle. Car l’être et le non-être s’engendrent sans fin. Le difficile et le facile s’accomplissent l’un par l’autre. Le long et le court se complètent. Le haut et le bas reposent l’un sur l’autre. Le son et le silence créent l’harmonie. L’avant et l’après se suivent. Le tout et le rien ont le même visage. » Et moi de compléter à haute voix : « C’est pourquoi le Sage s’abstient de tout action. Impassible, il enseigne par son silence. Les hommes, autour de lui agissent. Il ne leur refuse pas son aide. Il crée sans s’approprier et œuvre sans rien attendre. Il ne s’attache pas à ses œuvres. Et par là, il les rend éternelles. Chapitre 2 ». Elle sursauta, venant de détecter ma présence, releva la tête et sourit : - Comment connaissez-vous la suite ?, s’étonna-t-elle. Je plongeai dans ses yeux noirs et en ressortis deux hématites de toute beauté. Pas facile de me détacher de ce visage angélique ; elle s’aperçut de mon trouble et le détourna. Je pu lui répondre :- C’est un livre dont j’ai appris les plus beaux chapitres par cœur. J’en applique certains principes. Notamment ceux de la première partie ; car la seconde parle plus de la manipulation du peuple et ce n’est pas mon crédo ! – Et vous avez tout compris ? – Oh ! Il m’a fallut du temps ; je les ai relu plusieurs fois à plusieurs années d’intervalle ; l’expérience de la vie leur donne raison… - Par exemple, dans celui-ci, qu’entend-il par « l’être et le non-être s’engendrent sans fin » ? – C’est la notion de cycle de la vie ; un être naît, vit puis meurt ; un autre prend sa place. Mais ce qui fait l’importance de sa vie est qu’il est mortel. Pour qu’un verre puisse être rempli par du vin, il faut qu’il soit vide ; le plein remplace le vide… - Bououh ! C’est compliqué tout çà ! – Je prends un autre exemple : si j’ai pu m’asseoir à côté de vous, c’est parce que la place était libre ! – Et parce que je ne vous ai pas vu arrivé !, enchérit-elle. – Vous le regrettez ? Elle marque un temps d’arrêt, et répond : - A vrai dire je ne sais pas encore ! J’ai l’impression de vous connaître, mais je ne sais pas d’où !
Je la laisse réfléchir et me remets en position de méditation…( A suivre ! )