Le Sabot de Vénus!

Publié le par kloopaysages

Nouvelle écrite en deux épisodes, en 2007.

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Premier épisode  : Sabine

 

Ce samedi 6 juillet 1996 est un grand jour pour Marc ; en  effet, il se marie avec Julie.

Marc est jardinier dans une propriété somptueuse, dans le joli village de Saint-Amour. Il loge dans une petite maison située dans le fond du parc, au milieu des arbres. Marc est un passionné des plantes comme on a rarement connu. Depuis 1 an, il fait des expériences sur des Orchidées ; son objectif : démontrer que les plantes ont une âme et qu’elles éprouvent des sentiments.

Parmi ses orchidées, Sabine, comme il l’a baptisée, est plus particulièrement chouchoutée ; c’est un Sabot de Vénus, Paphiopedilum delenatii, de toute beauté ; sa fleur composée de trois labelles blancs purs et d’une poche rouge framboise vous enivre de son subtil parfum.

L’amour que porte Marc à Sabine rend folle de jalousie Julie ; il passe plus de temps avec sa fleur qu’avec sa femme…

Julie, elle, n’est pas vraiment attirée par les plantes ; c’est le genre « intello », cartésienne qui ne croit que ce qui se démontre mathématiquement. Elle est la fille des employeurs de Marc. Ils se connaissent depuis tout petit, car ils ont été élevés ensemble par la même nourrice. Après des études brillantes d’électricité (c’est une fille branchée !), à Montpellier, Julie était revenue auprès de ses parents, dans son village natal du Jura, qu’elle apprécie été comme hiver. Et ce qui n’était qu’un amour de gosses, s’était transformé en grand Amour d’adultes…

            Julie ne mettait que rarement les pieds dans la serre tropicale de Marc ; elle s’y sentait mal à l’aise, étrangère ; comme si les plantes savaient qu’elle ne les aimait pas. Malgré son sens logique, elle était troublée par les expériences de Marc, et l’avait même un peu aidé, en lui fournissant le dernier modèle de galvanomètre électronique. Ce dernier permettait d’enregistrer les variations des ondes électriques au niveau des feuilles. Les plantes ont un système circulatoire comparable au nôtre ; les vaisseaux conducteurs de sèves transportent de nombreux messagers chimiques, qui emmènent l’information plus où moins vite selon son importance pour la survie de la plante ; ce flux produit un courant électrique enregistrable au galvanomètre. Les réactions les plus violentes sont observées en état de stress : manque d’eau, excès de température, coupe de feuille, attaque de parasites…Mais la découverte de Marc, c’est la réaction de la plante au mauvais comportement humain en sa compagnie, que cela soit envers elle ou tout autre être vivant. La plante semble capter les ondes négatives émises par l’homme et par les autres êtres vivants et réagit en accélérant le flux de la sève, provoquant un pic sur le galvanomètre ; si ce stress est trop violent ou trop long, elle s’épuise et se flétrit…

 

            Ce matin du 6 juillet, comme tous les matins, Marc alla dans sa serre, rendre visite à ses plantes et, comme il dit, bavarder avec Sabine. D’habitude, quand il rentre, toutes les plantes se redressent, émettant des ondes positives, qu’il avait appris à percevoir. Cet amour végétal le remplissait de bonheur pour la journée.

            Mais aujourd’hui, à 10 heures, rien ! Il ressent même une douleur dans l’épaule droite, signe chez lui d’une souffrance psychique. Il fait l’inspection des 2 travées que comportent la serre, regarde chaque plante, celles sur tablette, celles en suspension ; elles semblent normales. Certes, elles ne brillent pas, mais les orages de ces derniers jours ont assombri le ciel et peuvent expliquer cela. Il arrive à 2 mètres de Sabine, sa douleur à l’épaule augmente, son cœur s’emballe, il manque de s’évanouir tellement il souffre. Enfin, il la voit sur son cube blanc, toute flétrie, la tête (la fleur) pendante, retombant sur la soucoupe pourtant encore humide. Il comprend sa réaction qu’il redoutait. Il veut savoir ce qu’il lui est arrivé ; il consulte le galvanomètre : un pic très important apparaît vers 8h30, il dure 10 minutes. C’est long à ce niveau d’intensité et souvent fatale pour une orchidée. Il consulte le thermomètre, il indique 20° -la température idéale-, il y a assez d’eau dans la soucoupe. Rien ne peut expliquer ce drame.

            Marc reprend son souffle, la douleur semble se calmer ; il se concentre pour faire remonter ses souvenirs de la nuit. Il se souvient avoir été réveillé au petit matin par Julie ; elle s’est levée, et, le voyant inquiet lui dit : - Je vais marcher dans le parc, j’ai une bouffée d’angoisse ; ce doit être le trac du mariage, ajoutait elle en souriant. Elle déposa un baiser d’escargot sur ses lèvres et sortit. Il se rendormit en maugréant. Elle ne réapparut qu’au moment, où il s’apprêtait à prendre son thé au ginseng avec ses 2 tartines de miel, vers 9 h 30…

Il n’ose croire à l’hypothèse qui vient de lui sauté à la figure ; il sort de la serre et court en direction de la maison des parents, où les derniers détails du mariage se préparent. Il monte à la chambre de Julie, dans laquelle elle enfile sa robe, en compagnie de sa mère. Son irruption dans la pièce fait sursauter tout le monde, manquant de faire s’évanouir un gardénia qui trônait sur la coiffeuse. Brigitte, sa future belle-mère, furieuse, commence à crier au scandale, vite stoppée par Julie. – Que se passe-t-il, poussin ?, il a horreur de surnom gallinesque !), fit-elle en se tournant vers Marc. – Julie, à quelle heure es-tu sortie ce matin ? – Je ne sais plus, il devait être 8 heures, pourquoi ?- Qu’as-tu fait dans le parc ? – Je m’y suis promené, j’ai respirer le bon air. – Es-tu entrée dans la serre ? dit Marc en haussant le ton. Son visage devint rouge, son corps était traversé de spasme. Julie connaissait cette réaction et ne put lui mentir. – Oui, j’y suis allé ; j’ai voulu mettre les choses au point avec ta Sabine. Je lui ai dit qu’aujourd’hui nous nous marions ; que tu ne pouvais pas aimer une plante et une femme en même temps ; et que tu m’avais choisie. – Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?, l’empressa-t-il. – Sabine s’est mise à frétiller, puis d’un seul coup sa fleur est tombée le long du pot. J’ai eu peur et suis partie, en courant vers la maison. Excuses-moi, termina-t-elle en venant pleurer dans ses bras.- C’est bien ce que je pensais, reprit Marc, calmement. Sabine a eu une réaction très forte aux ondes que tu as émises, provoquant un stress fatale à sa fleur. – Elle est morte ?, sanglota Julie. – Mais non, rassures-toi, c’est juste la fleur qui est morte, elle refleurira l’année prochaine, si elle en a envie…- Tu m’en veux ?, s’inquiéta Julie. Marc la prend dans ses bras et lui murmure à l’oreille : - Mon seul Amour c’est toi, et cet avec toi que je me marie cet après-midi…

 

 

Fin du premier épisode

 

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Publié dans Ecritures

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C
<br /> ah très bien<br /> <br /> <br />
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