Perle 6: La pêche sous-narine !

Publié le par kloopaysages

 

Le bus avait mis plus d’une heure pour rejoindre la station de Prapoutel-Les Sept-Laux ; le périphérique de Lyon puis l’autoroute de Chambéry, enfin la montée passant par Theys ; le gel et l’étroitesse des routes obligeaient le chauffeur à la plus grande prudence. Marie avait fini par s’endormir, ainsi que la majorité de ses camarades ; c’est donc avec étonnement qu’elle ouvrit les yeux sur un paysage de montagne. Le bus s’était arrêté sur un emplacement qui lui était réservé en surplomb de la vallée. En face, la Chartreuse se dorait de soleil, tandis qu’en bas Grenoble avait disparu sous la mer de nuage, comme disent les locaux… Marie se vêtit de sa parka et sortit du bus ; l’écart de température la surprit, elle eut du mal à trouver son souffle, qui se cristallisait au contact de l’air. Pour la première fois de sa courte vie, elle mit le pied sur la neige de montagne. Rien à voir avec celle d’Auxerre ! Elle monta avec ses camarades jusqu’aux premiers chalets ; son manteau se recouvrit d’une pellicule de glace. Enfin, en levant la tête, elle vit les pistes, le remonte-pente, les skieurs, les arbres… Dans ses yeux, les sapins avaient des reflets d’anges gardiens… La classe s’installa dans la colo et se restaura de bon appétit, pressée d’aller goûter les joies des sports de glisse ; c’était prévu pour 14 h 00.rothonne-enneige-016.JPG

 

Perle et Germaine étaient restées ensemble pendant une grande partie du voyage ; bien calées dans la parka entre les mailles de coton. En s’approchant de la montagne, le chauffeur, à la demande des élèves, monta le chauffage du bus. Cela eut pour conséquence de faire transpirer Marie, qui ôta son manteau ; Perle sentant la température grimper, sauta sur une maille de son pull et se réfugia sous l’aisselle droite. Germaine, handicapée par son volume, n’eut pas la force de bouger et s’évapora jusqu’au toit ouvrant… Perle eut une pensée pour sa compagne d’aventure, qui s’envola rapidement ; elle venait d’arriver dans un nouvel univers ; il y faisait pas très clair ; dans le creux d’un tapis moelleux, des gouttes de parfum à  la fraise se reposaient en discutant : - Ca va ! Aujourd’hui, nous ne sommes pas trop nombreuses, commença Garriguette. – C’est mieux comme çà ! approuva Tagada ; on a le temps de buller un peu avant de s’envoyer en l’air ! – T’as raison !, renchérit sa voisine ; y a des jours, où on a peine le temps de se frotter à la peau qu’on est déjà dans une narine…

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Publié dans Ecritures

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