Perle 11: Le marron chaud!
Un rude gaillard en costume bavarois se balançait dans le fauteuil en osier.
- Ben oui, je suis ton grand-père ! C’est toi qui m’a appelé ! lui dit-il.
- Warum sprichst du französisch ? s’étonna Sophia. - Je te rappelle au cas où
tu ne l’aurais pas remarqué, que je suis mort depuis 10 ans ; tu es en train de rêver ma petite-fille ; je parle en français pour que les lecteurs comprennent mieux et en plus, je pense que celui qui écrit ce texte, a dû oublier son vocabulaire allemand… - Oulah ! Tu me rassures ; je commençais à flipper grave ! J’ai mon string qui tire-bouchonne ! souffla la jeune femme.
- Je ne suis pas sûr de la traduction, rigola Helmut. Dis-voir : comment as-tu pu comparer mon schnaps avec cette liqueur de Savoie ? - Mais non, c’est le mélange qui m’a fait pensé à toi. Tu me manques grand-père ! Je me sens seule dans ce monde sans toi, larmoya Sophia. - Tu vas pas nous la jouer Heidi sur son dada, dis-donc. ( en allemand, je ne l’aurais pas eu celle-là…) Tu bricoles quoi avec ce guide ; tu vois pas qu’il meurt d’envie de toi ; tu es bien comme ta mère : le plaisir frappe à ta porte et tu le laisses dehors. - Mais je ne le connais pas cet homme ! - Eh puis ! S’il avait voulu te violer, il l’aurait fait depuis longtemps, argumenta l’aïeul. - Tu crois que ?
Une main se posa sur l’épaule de Sophia ; elle hurla ! et se réveilla.
- N’ayez pas peur, Sophia, lui dit René en la tenant par les épaules ; vous
avez fait un cauchemar ; je vous ai entendu de l’autre pièce ; vous avez de la fièvre ; je vais vous chercher de l’eau.
La jeune femme agrippa sa main, l’attira sur sa couche et n’eut pas besoin de dictionnaire pour traduire son envie. Leurs bouches se trouvèrent rapidement et parlèrent la même langue…
L’alerte fut donnée vers 1 heure du matin ; les gouttes de transpiration de garde l’avaient déclenchée ; la température avait subitement augmenté dans le corps de la jeune femme et une vague de fièvre s’annonçait jusqu’aux pieds. C’était une phase de la physiologie humaine que n’appréciaient pas les gouttes de parfum ; car en général, la vague ramenait des gouttes de sudation brûlantes ; les obligeant à descendre sur les orteils glacés ou bien s’évaporer à leur contact. Par chance, cette fois, le duvet était resté par-dessus les jambes ; si bien que la majorité a préféré aller se pendre aux plumes d’oie… Perle, agrippée à son poil, l’avait échappée belle ; la jambe bougeait beaucoup ; une main vint frotter le mollet et la récupéra. Puis, elle sauta dans le cou, glissa dans le creux de la trachée et termina entre les deux seins pommés de la jeune allemande… Il y faisait meilleur qu’en bas. Perle sentit les vibrations de l’intérieur ; le cœur s’affolait ; les poumons n’arrêtaient pas de pomper. C’est à ce moment qu’une lumière approcha ; le buste se releva brutalement ; Perle fut embarquée avec d’autres gouttes jusqu'au nombril…
René n’avait pas mis longtemps à se retrouver en tenue d’Adam et avait rejoint sa compagne sous le duvet. La peau douce de la jeune allemande se laissait parcourir par les mains calleuses du savoyard. Bientôt, leurs chaleurs se réunirent et l’énergie amoureuse enveloppa les deux corps. L’entente franco-allemande fut parfaite, si bien que le couple atteignit ensemble le pic du plaisir. Après cette ascension héroïque, le marchand ayant livré sa cargaison de sable, ils s’endormirent enlacés de choses sûres… ( Je sais, elle est tirée par les poils...)
Coincée dans le nombril, Perle n’avait pas vu venir l’armada de sueur étrangère sur le bas ventre de la jeune femme. Des vibrations irrégulières l’amenaient progressivement au niveau du pubis. Pour atteindre la forêt de jeunes poils qui lui faisait face, il lui fallait traverser le marais des gouttes d’origine savoyarde qu’avait déposé l’envahisseur, dans un élan mal maîtrisé. Elles étaient grosses, malodorantes et agressives. Perle profita d’une manœuvre de la jeune femme pour s’accrocher à sa main ; mauvais calcul, car sous l’effet de l’émotion, le bras s’écarta vivement et la goutte fut éjectée dans la pièce, retombant sur sa bottine.
- Bienvenue au bowling ! entendit Perle en arrivant. Cette voix lui était familière. – Germaine, was macht du hier ? – Tu parles allemand maintenant, rigola son amie. – Oh, je ne sais plus comment je parle ; à force de fréquenter les humains, on finit par déteindre sur eux. Et toi comment es-tu arrivée là ? – Rien de compliqué, quand nous sommes tombées avec les gouttes glacées, je me suis retrouvée sur le lacet de la chaussure…
Fin de la première partie! Une petite trève avant d'afficher la suite. Merci de m'avoir lu jusque là.... A bientôt.